Liste des gens qui ne verront pas mes 30 ans

Chère Maude,

Je sais bien que c’est injuste de t’adresser ceci, mais ce n’est pas comme si tu allais un lire ces mots ou comme si ça pouvait avoir un impact sur ta vie.

Il y as un an, tu fêtais tes 30 ans, entourée de ta famille et tes ami-e-s, et c’est exactement tout ce que j’aurais pu te souhaiter, d’être un moment entourée de tout l’amour que tu as mis out there dans les trente dernières années.
Époque oblige, une belle photo et mot de remerciements sur ton facebook.

Mon coeur craque encore à y penser, et y penser, il l’as fait beaucoup dans la dernière années. Mais il y avait quelque chose de plus,
J’ai entendu mon âme brisée, comme un craquement d’os. Je sais pas si t’as déjà entendu tes propres os se brisés, moi oui, et quelque chose de tout mon intérieur à fait exactement ça au moment où j’ai vu ta photo. Malgré moi même, je me suis détestée de ressentir ça plus fort que le bruit de mon amour pour toi qui était lui heureux de te voir heureuse.
Je m’en veux encore d’avoir encore aussi mal. Je m’en veux d’être déraisonnable à ce point, de laisser mon incapacité à gérer des émotions de rejets, d’abandons, de déceptions, prendre autant.  Souvent je m’en veux d’avoir eu jusqu’à ce moment là l’impression que malgré tout, il y avait peut-être quelque chose entre nous qui n’était pas simplement du passé et qui pourrait encore, somehow, avoir une importance.
Je sais, je sais, la vie c’est pas comme ça, les gens partent plus souvent qu’illes arrivent et les ponts s’effondrent au premier déluge, je sais bien.
Mais toi et moi on sait bien que ce n’est pas le cas ici. Que des choix ont été faits et qu’à the end of the day, je ne faisait pas partis des tiens. Ce qui est légitime de ta part, je comprends. Comprendre n’empêche quand même pas les souffrances qui suivent les choix.

Et même si je peux comprendre bien des choses, n’avoir pas voulue de moi dans un moment aussi important, je ne sais pas si je le comprends.
Et même si je peux saisir les raisons qui ton menées à ne plus vouloir me choisir, je ne comprends pas pourquoi c’est au moment où tu faisais partis des quelques rares lumières d’espoirs qu’il me restait, pourquoi en sachant l’importance de ta lumière pour moi, tu as décidé de le faire à ce moment là, de cette manière là.
Je ne comprends pas pourquoi tu as sentis le besoin de jouer comme si je n’étais pas devenue insignifiante, tu le sais aussi bien que tout le monde actions speak louder than words.

J’ai jamais vraiment pensé que 30 ans était un big deal, probablement parce que je n’avais pas prévu de m’y rendre.
Mais, life happens, et ça y est, j’y suis presque.
Et ça me fait repenser à cette photo, de cette soirée, des tiennes de trente ans. À toutes les personnes qui ont choisies et voulues y être avec toi, pour toi. À tout ce que ces personnes ont fait pour te célébrer.
Et j’en suis jalouse. Ou peut-être surtout heartbroken. Heartbroken de savoir que la majorité des personnes que j’ai aimé avec tout ce que je suis, tout ce que j’ai, ont choisies de ne plus être là. For good.
Heartbroken de savoir que le jour où j’ai osé dire que j’ai été violée, tout l’amour que j’avais à perdu toute valeur, moi aussi, et les choix ont été fait. Et j’étais pas le choix majoritaire. même pas minoritaire.
Le moment où j’ai perdu le choix de mon corps, j’ai perdu le choix de continuer ma vie dans la direction que je lui avais donnée.

4 ans. 4 ans que j’essais de faire les deuils, des ami-e-s, des familles choisies, des communautés, de tout l’amour. Parce que c’est pas parce que les gens disparaissent que l’amour qu’on as pour eux et elles s’envole aussi. Comme si tout le monde autour de moi était décédé-e-s. Mais c’est moi qui est morte de moi et les autres continuent et je suis devenue un fantôme pris dans un entre monde où j’ai encore tout mon amour, mais pour des gens qui ont choisis de m’abandonner. Pis ça, les bordeline, c’est vraiment pas le genre de truc qu’on peut juste oublier.
J’ai toujours eu une bad luck avec ma fête et ce n’est parce que chach et toi n’êtes pas sur mon balcon as pleurer vos peines d’amours que ça as changé.
Mais cette année, ça me fait peur. J’ai peur de savoir que pour moi, le ratio de love back est pas si bon. Don’t get me wrong, j’ai réussi à aimer d’autres gens qui des fois m’aime en retour aussi et j’en suis immensément gratefull.
Mais je reste heartbroken que celles et ceux que j’ai aimé et aime depuis aussi longtemps, qui ont fait partie de la majorité de ma vie, parce que 4 ans c’est long, mais pas tant ça ou enfin, pas assez pour avoir le genre de liens que j’ai pu avoir avec toi et les autres.

La liste des gens qui seront pas à mes 30 ans est de loin plus longue que celle qui y seront.
Bon ok, y’as pas vraiment de liste parce que tu peux t’attendre à ce que des gens qui sont là depuis pas longtemps veuillent te célébrer de la même manière. Retour en scène de la jalousie. Je sais, c’est ridicule, c’est enfantin, c’est pathétique, c’est bête. J’essais de le ressentir autrement. Mais même le 180 degré que ma vie as pris, mes méditations quotidiennes, mon travail constant sur essayer de fucking let go pis passer par dessus, j’arrive pas.

Et je sais que c’est pas fair de t’adresser ça, je sais que c’est pas toi, qu’il y as des tas de gens et d’événements, de sentiments, de blessures, de traumas, que tout ça c’est pas toi. Tu as toujours été et reste un de mes points faibles. Un talon d’Achille. Un élément déclencheur. Tu as occupée une place tellement importante dans ma vie, toi et tout ce que ça implique, ta famille, ta mère qui as littéralement empêchée qu’une ado de 14 dorme sur un banc de parc (et dieu sait que j’en serais probablement jamais revenue si elle n’avait pas insisté pour que je reste à dormir ce soir là et m’accueille tous les autres après). L’amour que j’ai pour toi est tellement tout qu’en ce moment j’ai de la misère à respirer juste à penser à ça. T’es la porte qui ouvre la réalité de tout ce que j’ai perdu. Et j’essais de travailler à let go. De toi, de la vie que j’ai perdue, de la personne que j’étais dont je n’arrive pas à faire le deuil. Je travail tellement depuis 4 ans, mais j’ai encore besoin de temps parce que je suis pas rendue. J’ai encore trop mal, et même si je suis recollée sur le reste de ma vie, sur ça je le suis pas. Je te promets que j’essais et que je vais faire tout ce que je peux, tout ce qui est possible pour y arriver. Pour pouvoir un jour croiser ta photo ou même ta face en vrai et pas revivre l’horrible craquement des os de ma vie et de mon coeur qui se brisent. Je suis pas encore rendue là, mais j’essais.

Tu es quand même la première personne sur la liste des gens qui ne seront pas là pour mes 30 ans.

Je pensais pas écrire tout ça, je pensais faire une liste une vrai, je pensais être capable d’écrire des noms, mais j’arrive pas. Les prononcés est quelque chose qui est souvent beaucoup trop difficile et souffrant pour que j’y arrive depuis 2015, je pensais que les écrire, ça j’étais peut-être rendue là…

PS: tu sais quand je t’avais envoyé une playlist en disant que même si on était rendue dans des mondes différents, je pensais encore souvent à toi et que la musique avait tellement eu une place importance dans tout ce qu’on as vécu, bref, j’y mets encore des chansons des fois. Pas beaucoup parce que je sais que tu la regarde pas, mais des fois je peux pas m’empêcher. Pis ça qui joue depuis que j’ai commencé à t’écrire.

 

xx

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans adulteries, La bête, mes femmes, musique de toi, Obsession, on m'a oublié

Seafret – Give Me Something + Lorde – Hard Feelings

Je déteste le moment où j’ai pas le choix de partir, passer le pas le porte parce que malgré tout, il me reste encore une obligation de chat, que j’aime d’amour, pis qui est trop vieille pour pas manger à peu près à chaque jour. Mais ça me fait tellement de la peine. Ma criss d’incapacité. Je suis quétaine pis je voudrais en prendre, au moins un peu, de ta peine, pour te laisser respirer. Pis ces temps ci, je suck, j’ai ma douleur qui me bloque ben souvent de dire ou de faire des choses qui seraient douces ou au moins, un peu confortante… 

Ton petit coeur soaking wet dans ses larmes 
Je’l sais ben que c’est trop grand pour le monde cette peine là 
Je sais pas comment te dire que je connais ce voyage là, pis que t’as pas besoin de voir la lumière, pas tout de suite, je vais garder le cap. Dans notre petit bateau trop petit pour se voir sur la map. Faudrait juste que tu accepte de te fermer les yeux pis de te laisser bercer. Pas te laisser emporter par la grande marrée. Pas te laisser porter quand les sirènes chantes. Pas me quitter. J’ai assez de passé pour ramer toute seule. Juste pas me quitter. Garder tes doigts accrochés à la carcasse de notre petit petit bateau. Les garder serrés même quand ça tremble. T’accrocher au bruit de la pluie quand le bruit de ma voix sera plus supportable. J’ai en masse de passé pour connaître le chemin les yeux fermés. Je peux juste pas le faire sans toi. Juste pas me quitter. Parce que no matter what, mon petit petit bateau est comme le monde, trop grand pour le supporter sans une main pour s’accrocher. Faut juste que t’aille please please pretty please pas envie de me quitter

Poster un commentaire

Classé dans Non classé

Never Fallin- Living Legends

Le ciel est sombre sur l’hôpital pis moi je submerge, j’implose, je te crie par la tête dans le silence de mes entrailles. L’ostie de grand vide qui tue toutte. Pourquoi le ciel il vient pas me chercher moi aussi. m’avaler de toute son entièreté et me rejeter grossièrement sur Champlain, un peu comme toi tu fais quand tu te tanne. Mon corps as pas encore trouvé d’espace pour se laisser flotter. Rien de doux à l’horizon pis le ciel qui disparaît avec son orage. Si au moins ça tonnait entre mes moi(s) aussi. Mes vagues à l’âme qui bouge trop vite pour énergies grugées. Fuck, j’ai même plus l’obligation des mots. Plus rien qui sort, ni des yeux, ni d’entre mes jambes. J’vais laissé le temps passer. On va voir si vos grand remèdes vont ben finir par m’enterrer.

Poster un commentaire

Classé dans Non classé

Y’as du lana del rey dans la salle transformée en café
La vie se peut plus de me pitcher de l’ironie dans face, tiens fille, prends ça, fort, dans yeule, laisse pas ta tête aller.

Même scène lassante d’un coeur étalé sur les murs

Mes mots cherches tes yeux dans le vide
Croiser quelqu’un du regard,
Tout ça c’est trop

Poster un commentaire

Classé dans Non classé

Holocene – Bon iver

Assise sur le bord de la porte patio

Fais longtemps qu’on s’est pas parlé toi et moi

J’avais plus grand mots dans le fonds des yeux.
J’avais oublié le goût de mes larmes mélangées à celui de la pluie
J’avais appris trop de choses pour mon petit coeur

Fais longtemps que je pense plus vraiment à toi.
Sauf des fois.
Ben oui des fois. Faut croire que tu sera toujours un peu là

J’ai appris à chasser le dragon,
Je l’ai fait couler dans mon nez
Je l’ai quitté

J’ai appris à connaître l’enfance qui naîtra jamais
Je l’ai aimé comme toi seul peut l’imaginer
Il m’as quitté

J’ai appris à régresser dans le fonds de mon 4 1/2
Je me suis laisser vaguer
Je fais temps-tête

J’ai voulu appeler mon père, mon frère
J’ai même pas décrocher
Je m’accroche au silence

J’ai appris à t’oublier au milieu de tout ça
À tout délaisser
À tout laisser aller

Je me suis fais ravaler par dedans
J’ai perdu toute emprise dans le trop grand
Pis ce soir je suis un peu trop perdue pour voir autre chose que toi

C’est tout le temps ça que je vois quand y’as plus rien

Poster un commentaire

Classé dans Non classé

West Coast – Lana Del Rey

Je me souviens plus trop de toi
T’as  trop ternis les airs ambiants pour que je te reconnaisse

Je me souviens que tu baisais avec la poésie des espoirs perdus
Je me souviens que tu écrivais avec la douleur sympathique de mes mains

Maintenant on est dans le loin
Tout un grunge entre nous

Je te verrais la face que je saurais même pas si c’est toi

Je crois pas, t’as trop humilier notre amour

Peut-être que dans le fonds, c’était juste pas toi et tu jouais tout le temps

T’as toujours été bon pour être le pantin des désirs

Je saurais pas quoi te dire
J’aurais rien envie de te dire

Mais moi, je me souviens de Lajeunesse

Le reste, je l’ai tué

Poster un commentaire

Classé dans adulteries, des lettres qui ressemblent des fois a des mots, La bête, on m'a oublié

Wish you were here –

« i hate being the place where everyone is going where they don’t feel good, but feels like i have nowhere to go. i mean, it sucks  »

« i know.. your foot will be healed up enough soon and you can come hide at my place.. focus on that »

 

 

Poster un commentaire

Classé dans on m'a oublié, tiger